THÉOPHILE GAUTIER, (Francia, 1811-1872)
Lamento
donde flota con sonido lastimero
la sombra de un tejo?
Sobre el tejo, una pálida paloma,
triste y sola, en el crepúsculo,
canta su canto.
Un aire enfermizo y tierno,
encantador y fatal al mismo tiempo,
que os hace daño,
y que por siempre quisierais oír,
un aire como los que a los cielos lanza
el ángel enamorado.
Diríase que el alma despierta
bajo tierra llora al unísono
de la canción,
y de dolor por verse olvidada
muy dulcemente con un arrullo
se queja.
En las alas de la música
se siente volver lentamente
un recuerdo;
una sombra de angelical forma
pasa en un rayo trémulo,
cual blanca vela.
Los dondiegos, semicerrados,
sueltan su perfume dulce y débil
a vuestro alrededor,
y el fantasma de blandas posturas
murmura y a la vez os tiende los brazos:
¿volverás?
¿Oh, nunca más hasta la tumba
iré, cuando la noche hace caer
su negro manto,
a escuchar a la pálida paloma
cantar sobre la rama del tejo
su lastimero canto!
Traducción: Mauro Armiño
Lamento
Connaissez-vous la blanche tombe
Où flotte avec un son plaintif
L'ombre d'un if ?
Sur l'if, une pâle colombe,
Triste et seule, au soleil couchant,
Chante son chant.
Un air maladivement tendre,
A la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal,
Et qu'on voudrait toujours entendre,
Un air, comme en soupire aux cieux
L'ange amoureux.
On dirait que l'âme éveillée
Pleure sous terre à l'unisson
De la chanson,
Et du malheur d'être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.
Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir ;
Une ombre de forme angélique
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.
Les belles-de-nuit, demi-closes,
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras :
Tu reviendras ?
Oh ! jamais plus, près de la tombe
Je n'irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Ecouter la pâle colombe
Chanter sur la branche de l'if
Son chant plaintif !
Où flotte avec un son plaintif
L'ombre d'un if ?
Sur l'if, une pâle colombe,
Triste et seule, au soleil couchant,
Chante son chant.
Un air maladivement tendre,
A la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal,
Et qu'on voudrait toujours entendre,
Un air, comme en soupire aux cieux
L'ange amoureux.
On dirait que l'âme éveillée
Pleure sous terre à l'unisson
De la chanson,
Et du malheur d'être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.
Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir ;
Une ombre de forme angélique
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.
Les belles-de-nuit, demi-closes,
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras :
Tu reviendras ?
Oh ! jamais plus, près de la tombe
Je n'irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Ecouter la pâle colombe
Chanter sur la branche de l'if
Son chant plaintif !
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